Reconnaissance de la Naturopathie – Qu’en est-il en 2019 ? – France, Belgique, Suisse, Canada

Le métier est-il en phase de reconnaissance ou non?

La naturopathie a été reconnue depuis 1978 par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme « médecine traditionnelle occidentale ».

La même année,  le Bureau International du Travail (B.I.T), qui est une organisation agissant sous l’égide de l’ONU, a enregistré officiellement la naturopathie. Quant à l’Unesco, elle qualifie la naturopathie comme une « Médecine traditionnelle », tout comme l’OMS.

En Europe la naturopathie a été classée comme une “médecine non conventionnelle” à l’occasion de la résolution européenne du 29 mai 1997 (Collins & Lannoye) qui encourage les pays membres à intégrer dans leurs pratiques de santé les médecines non conventionnelles.

Malgré ces progrès dans son officialisation, la naturopathie ne fait pas l’objet d’une reconnaissance pleine et entière dans de nombreux pays, alors que d’autres ont reconnu cette médecine traditionnelle. Ainsi en Europe, la majorité des États ont reconnu la naturopathie comme étant une médecine non conventionnelle, mais dans peu d’entre eux la pratique de cette médecine est légalement réglementée.  La reconnaissance de la naturopathie dans les pays qui n’ont pas réglementé ce métier est faite à condition que le praticien ne soit pas considéré comme un médecin, donc ne pose pas de diagnostic.

Le statut de la naturopathie est donc différent selon les pays : en Allemagne, Royaume-Uni, Suède, Danemark, Norvège, Irlande, Pays Bas, Suède, le métier est reconnu et la seule limite commune à la plupart de ces pays est la non-usurpation du titre de « docteur en médecine ». Le métier de naturopathe est légalisé en Australie, dans 13 états des États-Unis, en Afrique du Sud, dans le Canada anglophone.

reconnaissance de la naturopathie - informations et legislation

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La situation en France :

En France, la Naturopathie est reconnue sans être réglementée de manière stricte. Son exercice est donc libre et sa pratique peut se faire sans diplôme particulier. Ainsi, la loi n’interdit pas sa pratique et le Ministère de la Santé inclut la naturopathie dans “les pratiques de soins non conventionnelles”. Même si le métier de naturopathe n’est pas reconnu comme une profession médicale, ni même paramédicale encadrée par le code de la santé publique (CSP), le Ministère reconnaît  que “certaines de ces pratiques non conventionnelles ont certainement une efficacité sur certains symptômes”. En plus, depuis 2010, la Direction générale de la santé (DGS) finance un programme pluriannuel qui a pour but d’évaluer des pratiques de soins non conventionnelles. Sur le site du Ministère se retrouvent d’ailleurs quelques fiches sur ces pratiques, mais la naturopathie ne fait pas l’objet d’une telle fiche.

Toutefois, certaines médecines naturelles bénéficient d’une reconnaissance plus avancée comme nous le verrons dans d’autres articles.

Le naturopathe n’est donc pas reconnu comme un professionnel de santé, car ce dernier doit être titulaire d’un diplôme ou certificat dont le programme est validé par le ministère de la santé et/ou le ministère de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur.
En plus, un professionnel de santé doit être inscrit au registre partagé des professionnels de santé (RPPS) s’il s’agit d’une profession médicale ou au fichier ADELI pour les autres professions de la santé. N’étant pas reconnue comme une médecine conventionnelle, les praticiens en naturopathie ne sont pas des professionnels de santé.

Néanmoins, la pratique de la naturopathie est indirectement reconnue par sa présence dans plusieurs organismes officiels comme l’INSEE qui l’inscrit dans la catégorie « Activités de santé humaine non classées ailleurs » sous le code APE 8690F.

La naturopathie s’inscrit également dans la fiche Rome K1103 de Pôle Emploi sous l’appellation “Développement personnel et bien-être de la personne” et le métier de “Conseiller(ère) en naturopathie” est inscrit dans le Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) sous le Code RNCP : 28414 en faisant l’objet d’une certification. Toutefois, seul un organisme de certification apparaît dans le RNCP pour ce métier : le Centre de formation professionnelle et de promotion agricole de Hyères (CFPPA de Hyères).

La profession s’organise autour de plusieurs organismes comme la Fédération Française de Naturopathie (FENA qui était avant la FENAHMAN), créée en 1985, qui réunit plusieurs école et une “certification fédérale” (c’est-à-dire délivrée par une fédération), réservée aux élèves des écoles affiliées (6 à l’heure actuelle). Cette certification n’est pas plus reconnue par l’Etat qu’une autre.

Une autre organisation : l’Organisation de la Médecine Naturelle et de l’Education Sanitaire (OMNES), créée en 1981, ayant une vocation syndicale et regroupant des praticiens naturopathes de France, diplômés et / ou certifiés en exercice, qui répondent à leurs critères de formation et d’adhésion. Elle est partenaire de la FENA.

Tout comme la FENA, l’OMNES vise à encadrer la profession de naturopathe et à la faire reconnaître comme une pratique médicale à part entière afin de permettre, entre autres, son remboursement par la Sécurité Sociale, ce qui n’existe pas dans l’état actuel des choses. Toutefois, de plus en plus de mutuelles acceptent les remboursements pour des consultations en naturopathie.

Le libre exercice de la naturopathie est donc reconnu en France par son implicite acceptation légale, tant que la personne qui la pratique respecte les normes en matière administrative et fiscale. En d’autres termes : la pratique doit se faire sous une forme juridique légale et les impôts et les cotisations dues doivent être acquittés selon la forme juridique choisie.

Pour conclure, même si en France des démarches pour la reconnaissance de la profession par l’Etat ont été menées depuis plusieurs années, les avancées sont pour l’instant assez floues et le jour où la naturopathie sera remboursée au même titre qu’une consultation chez un ostéopathe par la Sécurité Sociale demeure une inconnue. Il n’en reste pas moins que la pratique de la naturopathie est libre à condition de respecter l’article L4161-1 du code de la santé publique (concernant la pratique illégale de la médecine), c’est-à-dire de ne pas porter le titre de médecin et affirmer être un professionnel de santé, qui eux, doivent se déclarer auprès du conseil de l’ordre compétent et détenir un diplôme reconnu par l’Etat.

Même si la pratique de la naturopathie ne nécessite pas un diplôme en particulier, les assurances qui remboursent les soins de naturopathie exigent des naturopathes diplômés.

Comment exercer légalement le métier de naturopathe en France ?

Pour exercer légalement le métier de naturopathe en France, il faut le faire soit en tant que profession libérale, soit en créant une société pour exercer cette activité. Il y a le choix entre plusieurs statuts et formes juridiques :

  • auto-entrepreneur ou micro-entrepreneur qui est un statut simplifié pour des chiffres d’affaires inférieurs à 70 000 euros par an. Le bénéfice est déterminé  par l’administration fiscale de manière forfaitaire et est imposé à l’impôt sur le revenu.
    Les charges sociales sont payées au fur et à mesure des encaissements, et seulement en cas d’encaissements.
  • entreprise individuelle en nom propre (EI) qui est un statut sans limite en terme de chiffre d’affaires. Dans ce cas, une comptabilité complète doit être tenue et l’imposition et les cotisations sociales sont calculées sur la base du résultat réel.

Toutefois, dans ces deux statuts la responsabilité est illimitée et le patrimoine personnel se confond avec le patrimoine professionnel ce qui augmente les risques d’exercice.

Un autre statut juridique pour exercer le métier de naturopathe est la SASU (société par actions simplifiée unipersonnelle) qui suppose la création d’une personne juridique. Si le formalisme administratif est un peu plus élaboré, il n’en reste pas moins que la responsabilité est limitée au montant des apports, donc du capital social qui n’a pas de limites imposées. En plus, il y a la possibilité d’opter soit pour l’imposition sur les revenus – IR soit pour le régime de l’imposition sur les sociétés – IS. Cependant, le choix de l’IS ne permet pas de revenir ensuite au régime de l’IR. Pour ceux qui est des cotisations sociales du dirigeant, elles sont proportionnelles à sa rémunération, donc si aucune rémunération n’est perçue, alors aucune charge sociale n’est due.

L’EURL ou la SARL (société à responsabilité limitée) est aussi un statut juridique adapté – le premier s’il s’agit d’un associé unique, la seconde s’il y a plusieurs associés.

Il y a aussi d’autres formes de sociétés commerciales qui peuvent être envisagées pour pratiquer la naturopathie, mais elles sont moins adaptées à une pratique individuelle.

Enfin le naturopathe peut aussi exercer comme salarié d’une entreprise ou en portage salarial ou même créer une association loi 1901 (minimum 2 membres).

 

La situation en Belgique :

La situation de la naturopathie en Belgique est similaire à la France, dans le sens que la naturopathie est reconnue comme une médecine non conventionnelle, mais pas réglementée. En 1999, une loi-cadre mettait en place l’étude des autres professions du secteur non conventionnel et a même été confirmée en 2002, mais sans pour autant mener à une véritable réglementation de la profession. En 2008, l’Union des Naturopathes de Belgique (UNB) avait été reconnue « union professionnelle », mais cette reconnaissance a été suspendue et se trouve actuellement en délibérations au Conseil de l’Etat. Toutefois, cette association vise, tout comme ses homologues français, la reconnaissance de la naturopathie et travaille pour que ces soins soient remboursés par les mutuelles – ce qui est encore moins le cas qu’en France.

L’UNB propose à ses membres des contrats d’assurances professionnelles et recommande aussi une formation minimum similaire à celles conseillées par les organisations français : 1 500 heures comprenant au moins un cursus d’anatomie, physiologie, hygiène vitale, techniques naturelles et méthodes de bilan de vitalité. Toutefois, on retrouve sur son site seulement 25 naturopathes. Au niveau de la Belgique, elle ne reconnait qu’une seule école – l’Institut Supérieur de Naturopathie Traditionnelle qui est une école de formation créée par la présidente de l’UNB elle-même.

En conclusion, en Belgique la situation ne semble pas plus avancée qu’en France, et la pratique de la naturopathie reste libre sans bénéficier des mêmes avantages qu’une pratique médicale. L’installation en tant que naturopathe se fait aussi de la même manière qu’en France et la pratique de la naturopathie est légale dès lors que vous payez les charges, taxes et impôts.

La seule différence avec la France est qu’il vous faut une preuve de connaissance en gestion de base pour vous installer comme indépendant. En d’autres termes, vous devez avoir des bases en comptabilité (rédiger une facture, calculer la TVA, etc.). Vous pouvez vérifier via le site entreprenant.be si vous disposez déjà de ce certificat ou non. Sinon, vous avez la possibilité de l’obtenir très rapidement via l’examen du Jury Central.

Vous êtes ainsi libre de suivre la formation de votre choix et vous n’êtes nullement obligé de faire partie d’une union ou autre organisme ! Veillez simplement à suivre une formation pertinente enseignée par des professionnelles de la santé.

Comment exercer légalement le métier de naturopathe en Belgique ?

Pour exercer légalement le métier de naturopathe en Belgique la situation est similaire à la France. La pratique est donc légale tant qu’elle ne contrevient pas à la Loi concernant l’exercice des professions de santé (Loi LEPS).

Le statut juridique peut être soit en tant que personne physique soit en tant que personne morale, c’’est-à-dire une société commerciale. Les formes sont un peu plus nombreuses qu’en France – SPRL (société privée à responsabilité limitée) ou SPRLU, SCRL (société coopérative à responsabilité limitée) ou encore SCRI (société coopérative à responsabilité illimitée), SCA (société en commandite par actions), SNC (société en nom collectif), SCS (société en commandite simple). Pour tous les détails concernant les formalités voir le site de la BECI. Les démarches pour la création d’une entreprise se trouvent ici. Toutes les démarches peuvent être faites au Guichet d’Entreprises de BECI.

En Belgique il y a aussi un statut d’indépendant complémentaire qui permet de tester ou de commencer une activité complémentaire, tout en bénéficiant du régime social de l’activité principale. Les démarches sont les mêmes que pour le statut normal d’indépendant et est possible si la personne est salariée ou perçoit une allocation (chômage, maladie, etc.).

 

La situation en Suisse :

La Suisse est certainement le pays francophone le plus avancé en matière de reconnaissance de la profession et le libre exercice des naturopathes est valable dans presque tous les cantons. Le métier de naturopathe est reconnu au niveau fédéral comme une profession de santé en faisant la distinction dans les disciplines suivantes :

  1. médecine ayurvédique
  2. homéopathie
  3. médecine traditionnelle chinoise MTC
  4. médecine naturelle traditionnelle européenne MTE

La reconnaissance d’une formation de naturopathe en médecine ayurvédique, homéopathie, MTC ou MTE, au niveau fédéral, se situe au degré tertiaire (CITE 6).

Un examen professionnel supérieur de naturopathe existe au niveau fédéral depuis le 28 avril 2015.
L’autorité compétente pour la reconnaissance des titres professionnels de naturopathe obtenus à l’étranger est la Croix-Rouge Suisse (CRS).

Le registre national des professions de la santé suisse (NAREG) recense les titulaires de diplômes des professions reconnues au niveau intercantonal et le métier de “naturopathe avec diplôme fédéral” y est inscrit. C’est d’ailleurs la CRS qui assure l’exploitation administrative du NAREG sur mandat de la CDS (Conférence suisse des directrices et directeurs cantonaux de la santé)

La fondation ASCA (Fondation suisse pour les médecines complémentaires) a été créée en 1991 et agit sous la surveillance de la confédération (DFI). Elle reconnait plus de 130 disciplines thérapeutiques qui sont classées en 12 groupes de thérapies. Elle dispose d’une Commission médicale et thérapeutique constituée d’experts, médecins et non-médecins, dans les médecines complémentaires et révise régulièrement l’ensemble des critères propres à chacune des méthodes.

Pour le métier de naturopathe, il y a 5 disciplines thérapeutiques faisant partie de 4 groupes de disciplines cités plus haut.

L’ASCA, regroupe des thérapeutes sur toute la Suisse et exerce une influence dans la reconnaissance des thérapies alternatives et complémentaires par les assureurs. Ainsi, plus d’une dizaine d’assureurs reconnaissent et remboursent certains soins naturels.

Comment exercer légalement le métier de naturopathe en Suisse?

Pour exercer le métier de naturopathe en Suisse il faut passer un examen professionnel supérieur (EPS) afin d’obtenir un diplôme fédéral qui donne le droit d’exercer. L’organisme responsable de l’organisation des examens est l’Organisation du monde du travail de la Médecine Alternative. Pour pouvoir passer l’examen il faut d’abord être admissible et pour cela il faut remplir 6 conditions :

  1. avoir une certification du degré secondaire II ou une qualification équivalente;
  2. attester d’au moins 2 ans de pratique professionnelle dans la discipline respective;
  3. disposer des certificats des modules exigés ou des attestations d’équivalence;
  4. avoir au moins 25 ans;
  5. obtenir la confirmation du secrétariat d’examen concernant la réception de
    l’étude de cas répondant aux conditions définies dans le guide;
  6. fournir un extrait de casier judiciaire vierge, sans inscription incompatible avec les buts des examens.

Les modules prévus au point 3 sont en nombre de 7 :

  • M1: formation médicale de base
  • M2: discipline avec branches optionnelles éventuelles
  • M3: santé et éthique
  • M4: travail de thérapeute
  • M5: diriger et gérer l’entreprise
  • M6: travail pratique
  • M7: pratique professionnelle des techniques sous mentorat

Il faut savoir que la validation des modules de M1 à M6 par le Secrétariat d’examen permet d’obtenir le «certificat OrTra MA» et donne aussi le droit de débuter la pratique professionnelle sous mentorat pendant maximum 5 ans, sanctionnée par le certificat du module M7 qui permettra l’inscription à l’EPS.

L’étude de cas du point 5 consiste dans la présentation concrète des processus thérapeutiques et le suivi d’un patient pendant une durée d’au moins six mois. L’étude doit contenir aussi des méthodes d’évaluation et des commentaires sur le déroulement de la thérapie et l’analyse en tant que naturopathe en exercice.

L’EPS comporte 5 épreuves :

  1. Étude de cas – épreuve écrite dans laquelle les candidats doivent démontrer leurs compétences de naturopathe avec diplôme fédéral dans la discipline visée et l’évaluation du traitement et suivi d’un patient dans sa pratique professionnelle
    quotidienne.
  2. Entretien professionnel – examen oral sur les contenus de l’étude de cas.
  3. Traitement du cas qui peut être écrit et / ou oral – pratique – le candidat doit prouver son savoir pratique, ses connaissances et ses capacités à évaluer la situation en fonction de la discipline et à la médecine traditionnelle.
  4. Travail pratique – une épreuve axée sur les gestes propres aux applications pour un travail pratique à visée thérapeutique dans la discipline visée, Cette épreuve comprend l’anamnèse et le traitement d’un nouveau patient choisi en fonction de la discipline visée.

Après le passage de l’examen et sa réussite (obtention d’au moins 60% du nombre maximum de points), le candidat obtiendra un diplôme fédéral délivré par le SEFRI à la demande de la CoAQ MA. Son nom sera inscrit dans le registre tenu par le
SEFRI.

Les praticiens naturopathes qui justifient d’une activité professionnelle de 5 ans dans la discipline où ils souhaitent obtenir le diplôme et ont une formation professionnelle initiale et continue en naturothérapie peuvent obtenir l’admission directement à l’examen final dans les conditions établies par la CoAQ MA. Il y a aussi d’autres dispositions transitoires pour les praticiens.

Toutefois, il faut savoir que dans certains cantons, la profession de naturopathe n’est pas encore réglementée comme dans le canton de Genève par exemple. Comme indiqué sur le site du canton, les prestations peuvent être remboursées par les assurances complémentaires si la formation suivie par le praticien est agréée par une des associations reconnues par les caisses-maladie (voir le site www.asca.ch). Toutefois, le “Règlement sur les pratiques complémentaires” prévoit à l’article 1 que les personnes qui ne sont pas des professionnels de la santé et qui exercent des pratiques complémentaires doivent demander leur inscription au médecin cantonal, qui leur délivrera une attestation d’inscription qui leur servira à informer leurs patients. Le même règlement prévoit l’interdiction aux praticiens complémentaires d’utiliser des termes se rapportant directement à l’exercice de professions de la santé comme « médical » ou « médecin ». Il faut savoir que l’attestation d’inscription ne vaut pas reconnaissance, mais permet l’exercice de la médecine complémentaire.

Dans l’Etat de Fribourg, les choses sont encore plus simples car l’exercice des médecines complémentaires n’est pas soumis à autorisation et donc il n’est pas obligatoire de demander une autorisation de pratiquer une profession dans ce domaine. Sur le site officiel figurent les conditions de l’exercice de ces pratiques, notamment d’informer clairement les patients sur les limites, les risques et le fait qu’ils ne peuvent pas poser de diagnostique, ni prescrire des médicaments. Toutefois, les naturopathes qui ont l’approbation cantonale sont acceptés au niveau de l’assurance complémentaire pour le remboursement des soins qu’ils prodiguent pour leurs patients.

 

La situation au Canada :

Comme nous le disions au départ, il y a une grande différence entre la partie anglophone et francophone du Canada, à l’image de ce qui se passe aussi en Europe où les pays anglo-saxons reconnaissent davantage les médecines naturelles.

La naturopathie est réglementée dans quelques provinces du Canada, notamment l’Alberta, la Colombie-Britannique, la Nouvelle-Écosse, l’Ontario, le Manitoba et le Saskatchewan. Dans les autres provinces, la réglementation est faite par le biais des diverses associations qui représentent les intérêts des membres naturopathes sans pour autant avoir un caractère obligatoire. Il n’y a donc pas obligation dans les Etats francophones d’être membre d’un ordre ou association professionnelle pour exercer les métiers de naturopathe et naturothérapeute.

Dans l’État du Québec, il y a plusieurs associations et regroupements de naturopathes et naturothérapeutes ayant pour but d’encadrer la profession et de promouvoir les bienfaits de la médecine naturelle auprès du grand public.

Les plus importantes sont :

  • l’Association des naturopathes agréés du Québec, créée en 1993, et qui réunit plus de 200 naturopathes. Elle promeut deux écoles seulement : l’École d’Enseignement Supérieur de Naturopathie du Québec et l’Institut d’Enseignement en Science Naturopathique. Elle exige comme condition d’adhésion d’être naturopathe diplômé avec une formation en naturopathie d’un minimum de 1400 heures dans une école proposant une formation avancée en anatomie, physiologie, microbiologie, pathologie, nutrition, plantes médicinales, évaluation clinique, etc. et demande un examen d’entrée pour être agréé.
  • l’Association des naturopathes professionnels du Québec, créée en 1971 sous le nom de l’Association des Naturopathes de Montréal et qui se divisa ultérieurement en 3 entités – la présente, la suivante et le “Regroupement des Massothérapeutes du Québec”. Une division qui est expliquée par la “nécessité et par responsabilité d’ouverture et de développement”… Il n’en reste pas moins que l’union fait la force et donc la division, notamment dans une profession non-réglementée n’est pas forcément le meilleur chemin pour une reconnaissance au niveau fédéral. Cette association compte presqu’une vingtaine d’écoles recommandées et dispose aussi d’une déontologie et des conditions d’admission. Toutefois la formation demandée en naturopathie est d’un minimum de 1200 heures de formation d’une ou plusieurs des 9 catégories décrites sur le site et similaires à l’ANAQ.
  • l’Association des naturothérapeutes du Québec, tout comme l’association précédente, dispose d’une déontologie, mais l’exigence de formation en nombre d’heures pour l’admission est bien moindre : 400 heures. Elle a plus d’une centaine de membres et propose aux adhérents une assurance professionnelle, comme la plupart des associations de ce type.
  • l’Association nationale des naturopathes regroupe aussi des naturopathes, leur critère en matière de formation pour être admissible est de minimum 1000 heures de cours et 15 heures de formation continue par an. Elle présente sur son site internet presqu’une soixantaine d’écoles accréditées par leurs soins, mais bien entendu cette accréditation n’est pas du tout émise par l’État du Québec.
  • l’Association de naturopathie RITMA : regroupe également des naturopathes, mais aussi des thérapeutes de plusieurs autres disciplines des médecines alternatives. Les critères d’admission de cette association prévoit minimum 1000 heures de formation. Il y a plus d’une centaine d’écoles en médecines alternatives reconnues par la RITMA dont près de 70 écoles en naturopathie. Elle propose aussi des assurances pour les professionnels et assure la reconnaissance de ses membres par la majorité des compagnies d’assurance.
  • l’Alliance québécoise des thérapeutes naturels : regroupe des naturopathes, des naturothérapeutes, des massothérapeutes, kinésithérapeutes et orthothérapeutes. C’est une association plus récente, dynamique, qui propose beaucoup d’accompagnements pour leurs membres. Ils exigent 1200 heures de formation ou des compétences jugées équivalentes. Elle recommande presqu’une trentaine d‘écoles en naturothérapie ou naturopathie.

Comment exercer légalement le métier de naturopathe dans le Canada francophone?

La profession de naturopathe n’étant pas réglementée, sa pratique est similaire à ce qui se passe en France ou en Belgique.

Par exemple, la majorité des naturopathes qui exercent au Québec sont des travailleurs autonomes en cabinet ou dans une clinique de médecines alternatives, un centre multidisciplinaire de santé, etc. Certains sont associés en formant des sociétés en nom collectif et une petite partie travaille en tant que salariés.

La formation en naturothérapie est proposée seulement par des écoles privées, alors que le Doctorat en médecine naturopathique est proposé au Québec :

–    Collège de naturopathie du Québec à Montréal (durée de 700 heures à temps partiel pour médecins et chiropraticiens)

–    Collège des médecines douces du Québec (Diplôme en naturopathie avec une durée de 1 395 heures à temps partiel et doctorat en naturopathie avec 450 heures à temps partiel)

–    École d’enseignement supérieur de naturopathie du Québec à Montréal et Québec (Diplôme de 2e cycle en naturopathie de 2 800 heures)

L’avantage de faire partie d’une des associations ou fédérations canadiennes regroupant des praticiens des médecines naturelles est le fait que la plupart sont accréditées par les compagnies d’assurances et proposent une assurance responsabilité professionnelle.

 

Que sont l’Union Européenne de Naturopathie et la Fédération Mondiales de Naturopathie ? Faut-il se former auprès d’une de leurs écoles ?

Au niveau de l’Europe a été fondée en 2002 l’Union Européenne de Naturopathie (UEN) regroupant comme membres fondateurs les associations européennes comme la FENA (France), l’UNB (Belgique) – qui en est sortie en 2016 (!), puis l’APSN (Associação International De Naturopatia E Disciplinas Associadas – Portugal) et la FNNHP ( Federazione Nazionale Naturopati Heilpraktiker Professionisti – Italie). Elle vise notamment la reconnaissance d’un statut juridique européen des naturopathes et contribue à l’encadrement de la profession. L’UEN compte aussi d’autres membres provenant de la Belgique flamande, de la Suisse, de Portugal, Grèce et même d’Israël.

Au niveau mondial, depuis 2015 la Fédération Mondiale de Naturopathie (World Naturopathic Federation) regroupe plus de 50 organisations de naturopathie de plus d’une trentaine de pays, dont les pays francophones abordés.

Même si ces « unions » et les écoles affiliées sont pertinentes en termes d’enseignement, vous n’êtes nullement obligé de suivre ou d’être « reconnut » par une de ces unions pour exercer le métier de naturopathe. Et cela ne veut absolument pas dire qu’ils dispensent les meilleurs enseignements au monde. Des organismes totalement indépendants peuvent être tout aussi valables en termes d’enseignement.

Quel enseignement choisir pour devenir naturopathe en Belgique, en France, ou encore au Québec ?

Nous vous invitons à consulter via notre guide en ligne les enseignements que nous reconnaissons et jugeons comme pertinent pour apprendre le métier de naturopathe. Cette « liste d’enseignements » a été créée de manière totalement transparente, sans affiliation, sans contrepartie financière, et sans le moindre conflit d’intérêts (nous ne parlons pas de notre propre formation dans la liste), et surtout, uniquement selon les critères des membres de l’UISN.

Vous aurez ainsi une vision saine et épurée des formations que nous estimons pertinentes (cela ne veut pas dire que cette liste est exhaustive).

De notre côté, nous proposons notre propre formation pour devenir naturopathe (en Belgique, en France, et au Canada francophone) via notre école d’enseignement en ligne entreprenant.be (vive la transparence).

 

Quels parcours scolaires suivre pour devenir naturopathe ?

Comme vous avez vu plus haut, c’est le nombre d’heures qui diffère pour les formations recommandées pour pratiquer la naturopathie. Un parcours scolaire précis n’est pas exigé pour être praticien, mais conseillé et comprend généralement les mêmes cours d’anatomie, physiologie, morphologie, ainsi que des cours en nutritions, alimentation, techniques naturelles, etc.

En échange, pour faire partie d’une association de naturopathes, les conditions d’admission peuvent en effet exiger d’avoir suivi des formations des écoles agrémentées par l’organisation respective. C’est le cas aussi bien au Canada, qu’en France, Belgique et même en Suisse où le diplôme fédéral existe et protège la profession sans pour autant empêcher les naturopathes d’exercer librement dans les cantons qui autorisent cette pratique. À noter que même pour l’examen fédéral, un parcours scolaire précis et agrémenté n’est pas exigé, mais les modules qui doivent être validés comportent des connaissances et des compétences qui doivent être prouvées.

Quant au Canada, on fait la différence entre le titre : « Naturothérapeute diplômé(e) N.D. » dont la formation est similaire à celle existante en Europe, et celui de « Docteur(e) en naturothérapie D.N. » qui nécessite des études supérieures plus poussées et a une durée de 3 ou 4 ans à temps complet en fonction des universités.

 

Quelles compétences et connaissances faut-il avoir pour pratiquer la naturopathie?

Pour être naturopathe, vous devez posséder plusieurs qualités et compétences :

  • bonnes connaissances des techniques naturelles, mais aussi d’anatomie et de physiologie humaines
  • avoir une grande curiosité et une envie d’apprendre et de comprendre les articulations entre les différents fonctionnements de l’organisme et ses interactions avec son environnement
  • un intérêt accru pour la santé et les médecines douces
  • bonne capacité d’écoute et d’analyse
  • être capable de faire un bilan de vitalité et de concevoir des programmes d’hygiène de vie
  • avoir le sens des responsabilités, de l’organisation
  • capacité de travailler en toute autonomie, mais aussi en équipe dans le cas du travail au sein d’une institution

 

Que vaut l’enseignement par correspondance pour apprendre le métier de naturopathe ?

Nous sommes en 2019 et l’enseignement par correspondance (en ligne, à distance) n’a jamais été aussi abouti. Vous pouvez étudier de chez vous à votre propre rythme, via des cours envoyés par courrier postal et/ou via des plateformes d’enseignements en ligne (vidéos pratiques, cours théoriques, conférence en ligne, examen en ligne, etc.) pour un contenu bien souvent équivalent (parfois même supérieur !) aux formations « en présentiel », mais pour un prix bien moindre et surtout avec une liberté temporelle sans pareille.

Pour les techniques un peu plus « pratiques », elles sont généralement expliquées en vidéo (cela dépend néanmoins de la qualité du centre de formation) et vous avez toujours la possibilité d’effectuer un stage pour parfaire vos connaissances et les appliquer aux terrains.

Si vous cherchez ce type d’enseignement, sachez (comme expliqué un peu plus haut) que nous dispensons des cours via notre plateforme d’enseignement en ligne entreprenant.be.

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